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Tetsavé: La Shekhina au cœur du Peuple – Une Présence qui ne s’achève jamais

* selon les paroles du noble soldat Amichai Rubin הי”ד[1]

(inspiré des enseignements du Rav Tsvi Yehouda Kook זצ״ל)


La Présence divine : une alliance éternelle

Le Rav Tsvi Yehuda Kook souligne, dans ses enseignements, une distinction fondamentale entre trois événements essentiels à notre existence. La sortie d’Égypte et le Don de la Torah sont des événements historiques, ponctuels, inscrits dans le temps et achevés. Chaque jour nous rappelons leur mémoire, mais l’acte lui-même appartient au passé.

Le troisième fondement, lui, est d’une nature radicalement différente. Il est formulé dans le livre de l’Exode :

וְשָׁכַנְתִּי בְּתוֹכָם

“Et Je demeurerai parmi eux” (Shemot 25,8)

Ce n’est pas un événement achevé. C’est une réalité permanente, vivante, tissée dans la chair même du Peuple d’Israël depuis ses origines.

La Shekhina habite chaque Juif

Le “Or Hahaïm” enseigne que la Shekhina, la Présence divine, réside dans la totalité de la communauté d’Israël. Le Rav Tsadok HaKohen va plus loin encore : les mots וְשָׁכַנְתִּי בְּתוֹכָם signifient que la Présence divine se manifeste en chaque individu, en chaque âme singulière.

Il précise cependant : c’est la naissance d’une Nation au moment de la sortie d’Égypte qui a rendu cette manifestation possible. Hashem Se révèle sur une Nation, et non sur des individus épars. Ainsi, chacun d’entre nous porte en lui une dimension de la Shekhina.

Cette enseignement a une conséquence immense que nos Sages formulent ainsi :

כָּל מָקוֹם שֶׁגָּלוּ יִשְׂרָאֵל, גָּלְתָה שְׁכִינָה עִמָּהֶם

“Partout où Israël fut exilé, la Shekhina fut exilée avec eux” (Megilla 29a)

Et c’est là la Parole que Dieu adresse au roi Salomon :

וְשָׁכַנְתִּי בְּתוֹךְ עַמִּי יִשְׂרָאֵל וְלֹא אֶעֱזֹב אֶת עַמִּי יִשְׂרָאֵל

Je demeurerai au sein de Mon peuple Israël, et Je n’abandonnerai pas Mon peuple Israël” (Melakhim I, 6,13)

Le Temple : la rencontre du ciel et de la terre

Mais le “spirituel” doit descendre jusqu’au concret. C’est tout le sens de l’autre commandement :

וְעָשׂוּ לִי מִקְדָּשׁ

“Et ils Me feront un Sanctuaire” (Shemot 25,8)

La Shekhina est spirituelle ; la maison est humaine. Les hommes bâtissent avec des pierres et du mortier, mais la terre sur laquelle ils construisent est d’essence divine. Le Temple devient ainsi un espace intermédiaire, un point de jonction entre deux réalités qui nous dépassent. Il est, pour reprendre une image saisissante, un sandwich entre la terre sacrée et le ciel divin.

La Terre d’Israël, elle, appartient à Dieu :

כִּי לִי כָּל הָאָרֶץ

“Car toute la terre est à Moi” (Shemot 19,5)

Elle est divine, et nul homme n’a le pouvoir de la céder à d’autres nations. Dès lors que Salomon bâtit le premier Temple, la terre fut imbibée de sainteté pour l’éternité. Et cette sainteté demeure, même après la destruction :

וְאַתֶּם הָרֵי יִשְׂרָאֵל, עַנְפְּכֶם תִּתֵּנוּ וּפֶרְיְכֶם תִּשְׂאוּ לְעַמִּי יִשְׂרָאֵל, כִּי קֵרְבוּ לָבוֹא

“Et vous, montagnes d’Israël, vous donnerez vos branches et porterez vos fruits pour Mon peuple Israël, car il approche du retour” (Yehezkel 36,8)

Lorsqu’Israël est en Exil, la Terre refuse de donner ses fruits à d’autres. Lorsqu’Israël revient, elle s’éveille. Cette fidélité silencieuse de la terre est elle-même un signe de la promesse divine.

Le “Mishkan” dans le désert, et les trois commandements de l’entrée en Terre

Le Mishkan (Tabernacle) existait car Israël errait dans le désert, sur une terre qui n’avait pas encore révélée toute Sa Sainteté . La Terre d’Israël, elle, est si expressive dans sa sainteté qu’elle sanctifie ceux qui y habitent et tout acte qui s’y accomplit.

Le Rambam enseigne que trois commandements attendent Israël à l’entrée en Terre :

  1. Établir la royauté
  2. La royauté efface Amalek
  3. Bâtir le Temple

Car on ne peut faire reposer la Shekhina sur un peuple dispersé ou mêlé à d’autres nations. La Présence divine est celle d’une Nation entière, unifiée, purifiée. Il faut un roi qui élimine les “épines” — tout ce qui est étranger à la sainteté nationale — pour que le Peuple, dans sa totalité, soit prêt à bâtir.

Les ustensiles et la sainteté du lieu

Après la maison bâtie sur la terre, viennent les ustensiles. Ceux-ci reposent sur le sol, mais ne lui sont pas attachés. Et c’est là toute la différence : quand Titus et les nations du monde ont pillé le Temple, ils ont pu emporter les ustensiles, mais ils n’ont pas pu toucher à la sainteté du lieu lui-même. Elle est inaliénable.

C’est pourquoi les ustensiles sont construits après la maison. On ne sanctifie pas la terre par les objets ; c’est la terre qui sanctifie les objets.

Conclusion

La Parashat Tetsavé nous rappelle que la Présence divine n’est pas une nostalgie du passé ni une utopie de l’avenir. Elle est une réalité présente, ancrée dans le Peuple, dans la Terre, dans chaque Juif. Notre tâche — collective, nationale, spirituelle — est de bâtir les conditions pour que cette Présence se manifeste pleinement : une Nation unie sur sa Terre, purifiée, prête à recevoir la Shekhina jusqu’à la rédemption complète.

וְשָׁכַנְתִּי בְּתוֹכָם

“Et Je demeurerai parmi eux” — pour toujours.


[1] https://www.amichai-rubin.com/

Fils de Batya et d’Ishay Rubin, troisième de huit frères et sœurs,  né dans la ville d’Acre. Après quatre ans à la yeshiva, il s’est enrôlé dans le 51e bataillon Golani. Amichai était un soldat exceptionnel, un tireur d’élite exceptionnel et représentait la brigade lors des compétitions. Le 7 octobre, le jour du Shabbat de Simchat Torah, Amichai se trouvait à un poste à la frontière de Gaza, près du kibboutz Kissufim. L’attaque au mortier a commencé à 6h30 du matin. Amichai et ses amis ont sauté dans la salle à manger, qui était utilisée comme espace protégé, La bataille dura environ quatre heures. Au cours de l’affrontement, Amichai reçut une balle dans la main et continua à se battre.

Il a reçu une balle dans la jambe, et même cette blessure grave ne l’a pas empêché de continuer. On lui a proposé un remplaçant, mais il a catégoriquement refusé. Finalement, Amichai a été touché à la tête et, miraculeusement et grâce à sa force supérieure, il a continué à se battre pendant 20 minutes supplémentaires, jusqu’à ce qu’il soit à bout de forces.

Le mardi 25 Tichri, il a été déclaré en état de mort cérébrale et la famille a décidé de faire don de ses organes. Cinq personnes ont retrouvé la vie grâce aux organes d’Amichai. Amichai a été enterré sur le mont Herzl, à l’âge de 23 ans.

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  1. Afin de servir Hashem, il n’y a rien de plus optimal que de Le servir dans la joie, sans une…

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