
L’enfant prodige de Kotzk
Le Rav Shmuel Bornsztain, connu sous le surnom de “Shem miShmuel” d’après son œuvre remarquable, naquit en l’an 5616 (1856) dans la bourgade de Kotzk. Fils unique de son père, le Grand Rav Avraham Bornsztain, auteur de l’Avnei Nezer, et de sa mère, fille de l‘Admour Rabbi Menahem Mendel de Kotzk.
Dès sa plus tendre enfance, le petit Shmuel se distingua par ses dons exceptionnels et sa mémoire prodigieuse. On raconte qu’un jour, alors qu’il était gravement malade, son père, l’auteur de l’Avnei Nezer, le conduisit auprès de son beau-père, l’Admour de Kotzk, afin qu’il priât pour sa guérison. Le père s’adressa à l’Admour et le supplia d’intercéder dans ses prières pour la guérison du petit enfant, disant que le monde le considérait comme un génie. Le grand-père répondit avec un dédain manifeste : « Lui, un génie ?! Il lui reste encore un long chemin à parcourir avant de mériter ce titre. » Le père, abasourdi, s’en retourna déçu, et ce n’est qu’après le rétablissement de l’enfant que l’Admour lui expliqua sa réaction : « Celui qui a déjà accompli sa mission et atteint le rang de génie n’a plus sa place en ce monde. Ce monde est un lieu de progression, destiné à ceux qui n’ont pas encore eu le privilège de se parfaire. »
Et en effet, le petit Shmuel progressa, grandit et devint un génie considérable. Aux côtés de son père, l’Avnei Nezer, il enseigna la Torah à la yeshiva de Sochatchov. Sur l’ordre de son père, fervent partisan de la colonisation de la Terre d’Israël, le Shem miShmuel se rendit en Terre d’Israël afin d’y acquérir des terres comme patrimoine – mais l’entreprise échoua en raison de l’interdiction des autorités ottomanes de vendre des terres aux citoyens des nations ennemies. Après le décès de son père en l’an 5670 (1910), Rabbi Shmuel assuma la fonction d’Admour et de directeur de la yeshiva de Sochatchov, jusqu’à sa propre disparition.
L’aspiration ardente à la Rédemption
Toute sa vie durant, l’Admour Rabbi Shmuel aspira ardemment à voir le retour de Dieu à Sion et s’affligea profondément des souffrances d’Israël. Voici ce qu’il écrivit sur la conduite divine en exil : « Il apparaît que telle est la mesure appliquée de génération en génération : Ashem, associe Sa gloire aux souffrances d’Israël. De même, tous les exils qui vinrent en punition – bien qu’Il eût pu châtier Israël par d’autres tourments divers… Il choisit néanmoins de punir Israël par les exils, ce qui entraîne une profanation du Nom divin. La raison ? Afin que le salut d’Israël devienne nécessaire. Quiconque contemple toute l’histoire des jours d’exil constatera qu’à chaque époque où le mérite d’Israël était insuffisant, se produisaient toujours des événements où les nations blasphémaient et outrageaient Dieu et Sa Torah, et par là, nécessairement, l’accusation s’apaisait et le jugement se retournait contre les nations, comme nous l’avons vu de nos jours. » (Shem miShmuel, Chemot, 5680)
Après la Déclaration Balfour, l’Admour Rabbi Shmuel exulta d’une joie immense et déclara : « À présent s’accomplit en nous le verset ‘La voix de mon Bien-Aimé frappe à la porte’, Il a mis au cœur du royaume terrestre de choisir pour nous notre Terre sainte… Il nous incombe de nous éveiller également et de préparer nos cœurs vers Lui, qu’Il soit béni, et de faire nous aussi selon nos moyens, tant sur le plan matériel que spirituel. Le temps est venu d’entreprendre l’œuvre d’accroître la colonisation de notre Terre sainte. » (Abir HaRo’im, Livre des générations de l’Avnei Nezer)
L’héritage

Avec le temps, le fils du Shem miShmuel, Rabbi Hanokh Henikh, monta en Israël et s’établit avec sa famille à Jérusalem. Il servit comme Admour de la hassidout de Sochatchov après le décès de son frère Rabbi David, et de sa demeure émanèrent de nombreuses actions pour renforcer la colonisation juive sur les plans matériel et spirituel, ainsi que diverses activités au sein de l’organisation de la Haganah.
Le 24 Tevet 5686 (1926), il y a 100 ans jour pour jour, le Shem miShmuel quitta ce monde pour l’éternité. Il laissa derrière lui une nombreuse descendance qui perpétua sa voie singulière dans la Torah, le service divin et la hassidout.
Le grand Rav Shmuel Bornsztain, Admour de Sochatchov, auteur du Shem miShmuel. Que son mérite nous protège, Amen.

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