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“Vaykra” – Du Mishkan au sacrifice — une seule aspiration !

* selon les paroles du noble soldat Amichai Rubin הי”ד[1]

(inspiré des enseignements du Rav Tsvi Yehouda Kook זצ״ל)


La joie du seuil

Rabbi Shlomo Kluger avait coutume de dire, en évoquant le passage d’un livre de la Torah à l’autre :

“שמחים בצאתם וששים בבואם”

Joyeux en leur sortie, et exultants en leur entrée.

Nous achevons le livre de l’Exode – notre Maitre Moïse a dressé le Mishkan, tous les ustensiles ont été placés en leur Lieu, et la Gloire d’Hashem a rempli Sa Demeure. Le silence qui séparait le ciel et la terre est rompu. Nous entrons désormais dans le Lévitique, livre des sacrifices, avec cette joie grave et responsable que le Psalmiste nomme :

פקודי ה’ ישרים משמחי לב

Les préceptes d’Hashem sont droits, ils réjouissent le cœur.

Ce n’est pas une expression de joie légère infantile, il s’agit plutot de la joie ressentie par celui qui mesure le poids de sa vocation. Et c’est la raison pour laquelle cette joie s’accompagnée d’une crainte revérentielle : עושים באימה רצון קונםils accomplissent avec révérence la volonté de leur Créateur.

Le premier mouvement : le désir de proximité

Le premier sacrifice enseigné dans le Lévitique n’est pas le sacrifice expiatoire — c’est l’olah, l’holocauste, le sacrifice d’élévation totale. Le verset dit :

אדם כי יקריב מכם קורבן לה

Lorsqu’un homme d’entre vous offrira un sacrifice à l’Éternel…

Le mot קורבןkorban, sacrifice – provient de la racine קרב, se rapprocher. Tout l’enseignement tient dans cette étymologie. Celui qui a pleinement vécu la Genèse et l’Exode – qui a intériorisé les qualités des Patriarches, le Don de la Torah, la Sortie d’Égypte et la Construction du Mishkan – cet homme-là n’aspire qu’à une seule chose : la proximité avec Dieu.

ואני קרבת אלוהים לי טוב

Pour moi, la proximité de Dieu est mon bien. (Psaumes 73)

Voilà le Juif ordinaire dans sa vérité la plus profonde : non pas un fauteur en quête de pardon, mais un être qui aime et qui cherche à rejoindre ce qu’il aime.

La hiérarchie des offrandes

Entre l’olahsacrifice d’aspiration pure – et le hatatsacrifice expiatoire – se tient le shelamim, le sacrifice de la completion :

Le Rav Tzvi Yehouda explique que dans le shelamim, il y a une association entre Hashem et l’homme“chacun mange sa part!”. Le shelamim unit le Ciel et la Terre. Mais il ne peut venir qu’après l’olah : qui sommes-nous pour nous asseoir à la même table que le Créateur, avant même d’avoir offert notre être entier ?

Quant au hatat, il exige préparation, confession, repentir :

חטאת, אשם, מיתה ויום הכיפורים — כולם אין הם מכפרים אלא עם התשובה

Le sacrifice expiatoire, le sacrifice de culpabilité, la mort et Yom Kippour — aucun n’expie sans la téchouva.

Le feu et le sens de l’action humaine

La Guemara dans Yoma enseigne que bien que le feu descende du Ciel sur l’Autel, il est néanmoins une mitsva d’apporter aussi le feu terrestre. Pourquoi ?

Le Rav répond : le feu est une réalité divine – il réchauffe, illumine, consume, transforme – et pourtant nous n’en comprenons pas l’essence. Cette association du feu céleste et du feu humain nous enseigne que toute action dans le monde n’a de valeur que lorsqu’elle se rattache au ciel. L’homme agit depuis la terre ; la volonté divine descend et complète l’offrande. La faute, elle, est une action purement humaine, coupée de sa source.

Aharon et l’art de rapprocher

À la racine des Cohanim se trouve Aharon, le pontife :

אוהב שלום ורודף שלום אוהב את הבריות ומקרבן לתורה

Aimant la paix, poursuivant la paix, aimant les créatures et les rapprochant de la Torah. (Avot 1:12)

L’amour d’Aaron pour Israël n’était pas stratégique, n’était pas un outil de retour à la Torah — il était vrai, et c’est précisément de cette vérité qu’est né le rapprochement. De même qu’on apprend du feu de l’autel la manière de servir Dieu, on apprend d’Aaron la manière de rapprocher ceux qui sont éloignés du peuple d’Israël.

C’est pourquoi les Cohanim disent dans leur bénédiction :

אשר קידשנו בקדושתו של אהרון וציוונו

Qui nous a sanctifiés par la sainteté d’Aaron et nous a ordonné…

Puissions-nous, comme Aharon sut pleinement exprimer cette sainteté et n’en user qu’au nom de la volonté divine et selon Sa voie.

[1] https://www.amichai-rubin.com/

Fils de Batya et d’Ishay Rubin, troisième de huit frères et sœurs,  né dans la ville d’Acre. Après quatre ans à la yeshiva, il s’est enrôlé dans le 51e bataillon Golani. Amichai était un soldat exceptionnel, un tireur d’élite exceptionnel et représentait la brigade lors des compétitions. Le 7 octobre, le jour du Shabbat de Simchat Torah, Amichai se trouvait à un poste à la frontière de Gaza, près du kibboutz Kissufim. L’attaque au mortier a commencé à 6h30 du matin. Amichai et ses amis ont sauté dans la salle à manger, qui était utilisée comme espace protégé, La bataille dura environ quatre heures. Au cours de l’affrontement, Amichai reçut une balle dans la main et continua à se battre.

Il a reçu une balle dans la jambe, et même cette blessure grave ne l’a pas empêché de continuer. On lui a proposé un remplaçant, mais il a catégoriquement refusé. Finalement, Amichai a été touché à la tête et, miraculeusement et grâce à sa force supérieure, il a continué à se battre pendant 20 minutes supplémentaires, jusqu’à ce qu’il soit à bout de forces.

Le mardi 25 Tichri, il a été déclaré en état de mort cérébrale et la famille a décidé de faire don de ses organes. Cinq personnes ont retrouvé la vie grâce aux organes d’Amichai. Amichai a été enterré sur le mont Herzl, à l’âge de 23 ans.

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  1. Afin de servir Hashem, il n’y a rien de plus optimal que de Le servir dans la joie, sans une…

  2. Excellent résumé de cette paracha CLÉ du passage de la lumière absolue symbolisée par Moché à celle cyclique de yoshua…

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