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La Paracha “Bo” –  La Lumière d’Israël et les Ténèbres de l’Exil

* selon les paroles du noble soldat Amichai Rubin הי”ד[1]

(inspiré des enseignements du Rav Tsvi Yehouda Kook זצ״ל)

Les dernières plaies : distinguer la lumière des ténèbres

La paracha Bo marque l’achèvement de la préparation à la sortie d’Égypte. Les trois dernières plaies s’avèrent nécessaires, car aucune n’est superflue. Parmi elles, la plaie des ténèbres revêt une signification particulière, comme l’enseigne le Rav Tsvi Yehuda : “Celui qui distingue entre la lumière et les ténèbres, entre Israël et les nations”.

Le verset proclame : “Il y eut des ténèbres épaisses dans tout le pays d’Égypte, mais pour tous les enfants d’Israël, il y avait de la lumière dans leurs demeures” (Exode 10 22-23). Vue d’en haut, cette scène révèle un monde entier plongé dans l’obscurité, tandis que certaines habitations brillent de lumière. Qui est cette lumière ? Lors de la plaie du bétail, Ashem dit à Moïse : “Ashem fera une distinction… (Exode 9,4) une différentiation essentielle!

Ici aussi, Ashem Distingue entre les enfants de la lumière, responsables d’apporter la lumière au monde, et ceux qui y répandent les ténèbres. Car tant qu’Ashem n’Intervient pas directement, il est possible de se tromper, de confondre les rôles. Mais lorsqu’Ashem descend dans le monde – “Il arriva qu’au milieu de la nuit, Ashem frappa…(Exode 12,29), “Moi et non un ange” (Haggadah) – il faut d’abord clarifier vers qui Il se dirige. Il se tourne vers ceux qui portent la lumière, ceux qui, avec Son Aide, apporteront cette lumière au monde : ‘Tu feras briller une lumière nouvelle sur Sion’ (liturgie du matin).

Certaines nations apportent les ténèbres au monde. Bien qu’elles regorgent de richesses et forment des empires, un seul mot les caractérise : ténèbres. À la sortie du Chabbat, nous disons : “Celui qui distingue… entre la lumière et les ténèbres, entre Israël et les nations” (Havdala). Sans cette distinction, on ne peut progresser vers la plaie des premiers-nés.

La confrontation entre Pharaon et Moïse

Avant la plaie des ténèbres, Pharaon ordonne à Moïse : “Ne reviens plus me voir !” (Exode 10,28). Le Midrash rapporte que Moïse rétorqua : “Tu as raison ! En effet, je ne reviendrai plus, mais tu verras que c’est toi qui viendras à moi”. Le Midrash ajoute que Pharaon ne put trouver Moïse. Que signifie cette incapacité ? Pharaon vit dans les ténèbres, et celui qui habite l’obscurité ne peut trouver la lumière – il en est séparé.

Moïse lui répond : “La lumière va se révéler, ta résistance sera vaine”. Dans ce contexte, la paracha multiplie les expressions de mouvement : “ils partirent”, “ils marchèrent”. Dans la paracha Bechala’h apparaît également une expression centrale qui commence en réalité dans notre paracha : “Les enfants d’Israël sortirent la main haute” (beyad rama, Exode 14,8).

Dès que Dieu décide de Se révéler et d’apporter la lumière au monde, cette lumière ne cesse de se dévoiler. Israël sort, se révèle, se clarifie, jusqu’au jour où toutes les nations diront : “Venez, montons à la montagne de la Maison d’Ashem” (Isaïe 2,3). Tant que les nations ne prononcent pas ces paroles, nous sommes encore dans la sortie d’Égypte. Nous ne nous sommes pas encore suffisamment libérés des ténèbres. Ce processus commence dans notre paracha.

La plaie des premiers-nés : Israël, premier-né d’Ashem

Aussitôt après la plaie des ténèbres – celle qui explique à Pharaon et au monde entier pourquoi ce peuple est lumière et tous les autres ténèbres – survient la plaie des premiers-nés, car “Mon fils premier-né, Israël” (Exode 4,22). Le monde a un Chef, et Il a un fils premier-né unique à travers lequel se révèle Son aspiration pour le monde. Pour éviter toute confusion, à la naissance du Premier-né, tous les autres premiers-nés de l’imitation doivent mourir : “Depuis le premier-né de Pharaon assis sur son trône jusqu’au premier-né de la servante…” (Exode 12,29).

Lorsque Dieu Se révèle, le monde entier avance désormais au rythme du Peuple d’Israël. Nous poursuivons aujourd’hui la sortie d’Égypte, et c’est pourquoi il est écrit qu’Israël “sort” (yotsim) et non “est sorti” (yatsa’ou). Si l’on nous interroge : “Qu’avez-vous fait pour la sortie d’Égypte ? Combien avez-vous fait connaître le Maître du monde ?”, nous devons comprendre que la sortie d’Égypte est une mission active et permanente.

On ne pousse pas le peuple d’Israël hors d’Égypte. Il sort en plein jour, non comme des voleurs – que tous sachent : nous allons diriger le monde ! Ainsi doit être le Juif : la tête haute, joyeux dans sa Torah, confiant en sa mission, sachant qu’il appartient à la lumière et que son rôle est d’illuminer, et qu’aucune ténèbre ne l’arrêtera. Il ne dissimulera pas les commandements, il n’annulera pas la Torah pour être populaire.

De l’esclavage à la liberté : le don de la Torah

Nous sortons « la main haute », et alors nous pouvons recevoir la Torah. Pour recevoir la Torah, il faut d’abord une nation. Tant que la nation n’est pas née concrètement, on ne peut donner. Certes, Pharaon dit déjà au début du livre de l’Exode : “Voici le peuple des enfants d’Israël… “ (Exode 1,9), mais le nouveau-né n’est pas encore venu au monde. Il se développe encore vers la naissance. Ce n’est qu’en sortant qu’il naît. Se crée alors le peuple de Dieu. Et il faut lui donner un Enseignement particulier. Tant que ce “trésor” n’est pas né, la Torah elle-même ne peut se révéler pleinement. Il n’y a rien à donner au monde.

La Torah n’est pas un livre – la Torah est la volonté de Dieu. Torah signifie que Dieu enseigne à la nation ce qui doit se révéler dans le monde. C’est le Nom de Dieu : “Car le Nom de l’Éternel, je proclamerai” (Deutéronome 32,3).

Les Sages enseignent qu’il faut réciter la bénédiction de la Torah – car c’est le Nom de Dieu. Lorsque tu lis la Torah, tu lis le Nom de Dieu, la volonté de Dieu. Bénis donc ! C’est un privilège : “Il nous a donné Sa Torah”, la Sienne. Il nous a choisis parmi tous les peuples” – nous avons été choisis. Et lorsque nous avons été choisis comme premiers-nés, nous avons reçu la Torah pour comprendre ce que Ashem notre Dieu attend de nous. C’est un privilège, car celui qui ne possède pas cela siège dans les ténèbres.

Les Tefilin : signe de la liberté véritable

La sortie d’Égypte signifie se libérer de l’esclavage : “Ils sont Mes serviteurs et non des serviteurs de serviteurs” (Talmud, Baba Metsia 10a). Toute la finalité de la sortie d’Égypte est de se libérer de la servitude. Être esclave d’un Égyptien ? Lui-même est esclave ! D’un autre côté, il faut savoir que nous devons être esclaves de quelque chose. L’homme ne vit pas dans l’anarchie. Mais esclaves de quoi ? De la lumière. C’est une servitude joyeuse.

Le Rav Tsvi Yehouda exprime cela ainsi : nous sortons “d’Égypte vers Jérusalem”. Que trouvait-on en Égypte ? “Le poisson que nous mangions en Égypte gratuitement” (Nombres 11,5). Le Sifri explique : “Gratuitement des commandements”. Le Rav clarifie qu’un poisson n’a pas d’obligation de commandements, mais il ne monte pas non plus sur l’autel.

Lors de la sortie d’Égypte, nous sommes passés du “‘hinam”, de la “gratuité” au Don de la Torah. Nous n’aimons pas la gratuité. ‘Hinam signifie sans valeur, dépourvu de sens. C’est pourquoi, à la fin de la paracha, nous commençons à nous parer des Tefilin – c’est aussi une servitude, car chaque matin nous devons mettre les Tefilin.

Le Rav enseigne : les Tefilin sont liberté. Comment ? C’est pourtant un commandement quotidien ! Les Tefilin nous enseignent que nous sommes des esclaves affranchis. Dans l’esclavage d’Égypte, nous avons acquis une qualité essentielle : la servitude. Nous avons appris à être esclaves. Cette capacité d’être esclave est destinée à nous rendre esclaves pour accepter le joug du Royaume des Cieux. Les Tefilin sont le signe que nous sommes esclaves : « Afin que la Torah de l’Éternel soit dans ta bouche » (Exode 13,9) – c’est le signe d’esclaves libérés de la matérialité, emplis de liberté lorsqu’ils accomplissent la volonté de Dieu.

Car notre âme, descendue dans le corps, doit recevoir sa nourriture particulière : “Je suis le serviteur d’Ashem” (prière). Nous risquerions de nous égarer, c’est pourquoi nous avons reçu un signe.

Le commandement des Tefilin ne peut être accompli par délégation. Les Tefilin sont une obligation du corps. Un corps sans Tefilin constitue un danger mortel – c’est l’esclavage aux esclaves, l’asservissement à la matérialité et aux pulsions. Nous attendons donc les Tefilin avec impatience. Nous devons bondir rapidement du lit pour apposer ce signe et le préserver. Tous les détails des Tefilin sont halakha leMoshe miSinaï (tradition orale remontant à Moïse au Sinaï). Combien de lois concernent le boîtier, le nœud, l’emplacement – tout est halakha leMoshe miSinaï.

Les Tefilin sont un commandement que nous ne comprenons pas, mais nous comprendrons, avec l’aide de Dieu, que c’est aussi précis que Dieu l’a dit. Ainsi l’homme devient un esclave qui est libre. Son intelligence est une intelligence divine, ses sentiments sont de sainteté et de pureté. Lorsque nous serons tous purifiés comme il convient, nous marcherons dans la rue avec des Tefilin purs de toute imperfection matérielle. Les nations du monde verront le peuple d’Israël paré de Tefilin et nous craindront – parce que nous sommes restés esclaves. Non pas en abandonnant les commandements, mais parce qu’il y a ici un peuple esclave qui s’améliore, se purifie. Alors toutes les nations réclameront aussi des commandements et des signes, car elles aussi voudront appartenir à cela. On leur donnera le moment venu ce qu’il faut. Nous entrons dans la paracha Bo pour être envoyés la main haute. Nous quittons la servitude humaine pour passer à la servitude divine – cela s’appelle la liberté.


[1] https://www.amichai-rubin.com/

Fils de Batya et d’Ishay Rubin, troisième de huit frères et sœurs,  né dans la ville d’Acre. Après quatre ans à la yeshiva, il s’est enrôlé dans le 51e bataillon Golani. Amichai était un soldat exceptionnel, un tireur d’élite exceptionnel et représentait la brigade lors des compétitions. Le 7 octobre, le jour du Shabbat de Simchat Torah, Amichai se trouvait à un poste à la frontière de Gaza, près du kibboutz Kissufim. L’attaque au mortier a commencé à 6h30 du matin. Amichai et ses amis ont sauté dans la salle à manger, qui était utilisée comme espace protégé, La bataille dura environ quatre heures. Au cours de l’affrontement, Amichai reçut une balle dans la main et continua à se battre.

Il a reçu une balle dans la jambe, et même cette blessure grave ne l’a pas empêché de continuer. On lui a proposé un remplaçant, mais il a catégoriquement refusé. Finalement, Amichai a été touché à la tête et, miraculeusement et grâce à sa force supérieure, il a continué à se battre pendant 20 minutes supplémentaires, jusqu’à ce qu’il soit à bout de forces.

Le mardi 25 Tichri, il a été déclaré en état de mort cérébrale et la famille a décidé de faire don de ses organes. Cinq personnes ont retrouvé la vie grâce aux organes d’Amichai. Amichai a été enterré sur le mont Herzl, à l’âge de 23 ans.

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  1. Afin de servir Hashem, il n’y a rien de plus optimal que de Le servir dans la joie, sans une…

  2. Excellent résumé de cette paracha CLÉ du passage de la lumière absolue symbolisée par Moché à celle cyclique de yoshua…

© 2025 By Rafael Attia

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