Si des cours audios sont disponibles, ils seront avant les vidéos.
Plus bas, vous avez les cours vidéos.
Lorsque la source du cours est disponible, elle est téléchargeable avec un lien cliquable sous la vidéo

La Paracha “Vayehi” –  Une méditation sur les fondements d’Israël

* selon les paroles du noble soldat Amichai Rubin הי”ד[1]

(inspiré des enseignements du Rav Tsvi Yehouda Kook זצ״ל)

L’accomplissement d’un cycle

La conclusion d’une chose possède une valeur singulière. Les parachiot Vayehi et Chemot appartiennent au verset :

“תּוֹרָה צִוָּה־לָנוּ מֹשֶׁה מוֹרָשָׁה קְהִלַּת יַעֲקֹב”  

” Moïse nous a prescrit la Torah, héritage de la communauté de Jacob”

(Deutéronome 33,4)

C’est par le mérite d’Abraham qui engendra Isaac, d’Isaac qui engendra Jacob, et de Jacob qui donna naissance aux douze tribus – la “Maison de Jacob” que la possibilité de recevoir la Torah fut donnée. L’Égypte ne fut qu’une étape transitoire, un lieu d’émergence nécessaire : y descendre pour en sortir et recevoir la Loi.

La Guemara (Berakhot) stipule qu’il n’existe d’autre Patriarche, sinon 3 ! Lorsqu’on nous interroge sur l’identité de nos patriarches, une seule réponse s’impose : Abraham, Isaac et Jacob. Certes, nous avons tous des pères biologiques, mais ils ne sont que le prolongement de ces trois piliers fondateurs. Au-delà d’eux s’ajoutent Joseph et ses frères. Même après la formation des douze tribus, Joseph et Juda demeurent distincts, représentant deux facettes de la royauté d’Israël : Joseph incarne la préparation, Juda la royauté permanente.

Rassemblez-vous !

Ce n’est qu’après avoir parcouru le chemin des trois Patriarches, après avoir découvert séparément Joseph et Juda, que résonne enfin l’injonction divine dans la Parasha Vayehi :

“הֵאָסְפוּ”  (Genèse 49,1)

“Rassemblez-vous !”

” הֵאָסְפוּ וְאַגִּידָה לָכֶם אֵת אֲשֶׁר־יִקְרָא אֶתְכֶם בְּאַחֲרִית הַיָּמִים “

” Rassemblez-vous, et je vous annoncerai ce qui vous arrivera à la fin des jours”

Cette convocation n’advient qu’à la dernière paracha de la Genèse. Jusqu’au dernier instant, il n’y a pas de rassemblement véritable. On ne peut unir ce qui n’est pas achevé.

Lorsque les tribus naquirent, elles ignoraient qu’elles seraient un jour rassemblées. Elles étaient des forces puissantes et essentielles, mais ne savaient pas comment Ashem construisait la nation. Telle est la voie de la Torah : ce n’est pas toi qui décides du moment du rassemblement, c’est Dieu. Tant que l’ordre divin “Hiqavetsu” (rassemblez-vous) n’a pas retenti, chaque élément doit poursuivre son œuvre propre.

La pierre et les fils

Le Targoum Onkelos, dans une révélation prophétique soulignée par le Rav Tzvi Yehouda Kook, traduit le verset :

מִשָּׁם רֹעֶה אֶבֶן יִשְׂרָאֵל (Genèse 49,24)

“De là, le berger, la pierre d’Israël”

Par – “אַבְהָן וּבְנִין” :  les pères et les fils

Le mot “אֶבֶן” (pierre) contient en son sein “אָב” (père) et “בֵּן” (fils). Tout le livre de la Genèse s’est consacré à bâtir cette réalité : trois Patriarches, douze fils. Cette synthèse du Targoum est vertigineuse — un livre entier résumé dans cette alchimie verbale :  אֶבֶן = אָב + בֵּן

Ainsi perdure cette dynamique à travers les générations de la Rédemption : les vertus des Patriarches s’expriment tandis que les fils se rassemblent. Selon le Rav Oded Wolanski, le seul lieu où cela se manifeste aujourd’hui est Tsahal — espace de rassemblement, de bonté et de vertus. Avec l’aide de Dieu, cela s’étendra à tout Israël.

Éphraïm et Menashé”: la préparation mystérieuse

Ruben et Siméon ne semblent pas liés, tandis que Siméon et Lévi formaient un duo qui nécessita une séparation. Rachi commente leur bénédiction :

“אֲחַלְּקֵם בְּיַעֲקֹב וַאֲפִיצֵם בְּיִשְׂרָאֵל” (Genèse 49,7)

Je les diviserai pour Jacob et les disperserai pour Israël

Pourtant Jacob déclare :

אֶפְרַיִם וּמְנַשֶּׁה כִּרְאוּבֵן וְשִׁמְעוֹן יִהְיוּ־לִי (Genèse 48,5)

Éphraïm et Manassé seront pour moi comme Ruben et Siméon

Ruben est l’aîné, Siméon le second ; pour Éphraïm et Manassé, l’ordre n’est pas clair,

 שִׂכֵּל אֶת־יָדָיו (Genèse 48,14)

“il entrecroisa ses mains”

Mais ce qui nous semble confusion est, pour Jacob, ordre divin.

La royauté de Juda est limpide : un roi davidique construit le Temple. La dimension de Sainteté oriente la réalité. Mais où réside la complexité ? Auprès de Joseph. Dans cette royauté temporaire, on apprend :

וְזַרְעוֹ יִהְיֶה מְלֹא־הַגּוֹיִם (Genèse 48,19)

Sa descendance sera la plénitude des nations

Joseph prépare le règne de David, mais encore faut-il comprendre la nature de cette préparation.

Le miracle de Josué

Préparer signifie que les nations doivent reconnaître que la nature elle-même est un miracle divin. C’est la raison pour laquelle surgira Yehoshua, descendant d’Éphraïm, qui ordonnera:

שֶׁמֶשׁ בְּגִבְעוֹן דּוֹם וְיָרֵחַ בְּעֵמֶק אַיָּלוֹן  

(Josué 10,12)

Soleil, arrête-toi sur Gabaon, et toi, lune, sur la vallée d’Ajalon

Un chef qui suspend la nature ! Si le peuple d’Israël peut arrêter la nature, c’est que la nature elle-même a pour vocation de servir le projet divin.

Les nations du monde n’étudieront pas la Torah ni n’observeront le Chabbat — le Talmud enseigne “גּוֹי שֶׁשָּׁבַת חַיָּב מִיתָה” : Un non-juif qui observe le Chabbat mérite la mort, mais elles doivent savoir qu’il n’existe rien de “naturel”. La nature est divine.

Le livre du Juste

Après le miracle accompli, il est énoncé :

הֲלֹא־הִיא כְתוּבָה עַל־סֵפֶר הַיָּשָׁר  (Josué 10,13)

Cela n’est-il pas écrit dans le Livre du Juste ?

Quiconque marche dans la voie des Patriarches, animés d’une droiture exceptionnelle, domine naturellement l’ordre de la Nature. Si la nature semble abandonnée, c’est pour une seule raison, comme l’affirme le Roi Salomon :

 אֱ-לֹהִים עָשָׂה אֶת־הָאָדָם יָשָׁר וְהֵמָּה בִקְשׁוּ חִשְּׁבֹנוֹת רַבִּים (Ecclésiaste 7,29)

Dieu à façonner l’homme droit, mais eux, ils ont cherché de nombreux calculs

Qui ne cherche pas de calculs trouve Dieu ; qui calcule Le dissimule. Voilà la mission d’Éphraïm et Manassé.

Les signes du Messie

Jacob annonce :

הֵאָסְפוּ וְאַגִּידָה לָכֶם אֵת אֲשֶׁר־יִקְרָא אֶתְכֶם בְּאַחֲרִית הַיָּמִים (Genèse 49,1)

Rassemblez-vous, et je vous annoncerai ce qui vous arrivera à la fin des jours

Que sera-t-il à la fin des temps ? Bilam prophétise :

“דָּרַךְ כּוֹכָב מִיַּעֲקֹב” (Nombres 24,17)

Une étoile sortira de Jacob

Et Bilam déclarera encore à Balak :

לְכָה אִיעָצְךָ אֲשֶׁר יַעֲשֶׂה הָעָם הַזֶּה לְעַמְּךָ בְּאַחֲרִית הַיָּמִים” (Nombres 24,14)

Viens, je te conseillerai ce que ce peuple fera à ton peuple à la fin des jours “

Le Rambam enseigne dans ses “Lois des Rois (הלכות מלכים)” que l’on apprend la venue du Messie tant espéré à partir du verset :

וְשָׁב וְקִבְּצָם  (Deutéronome 30,3)

Il reviendra et les rassemblera

Le rassemblement des exilés (קִבּוּץ גָּלֻיּוֹת) — voilà les prémices de l’avènement messianique, grâce à cet évènement le nom d’Ashem cesse d’être profanée impunément ! Voici ce qu’affirme le Rambam !

En outre, la Guemara propose un autre signe annonciateur : un oiseau nommé שַׁרְקְרַק (Sharqraq). Cet oiseau, appelé aussi רָחָם (Rakham) et figurant dans la liste des oiseaux impurs, est un signe messianique. Lorsqu’il se posera sur le sol et sifflera, cela annoncera la venue du Messie. Signe étrange et apparemment superflu ! Depuis quand la Guemara s’occupe-t-elle de noms d’oiseaux ?!

Le Rav Kook explique, en fait, que “Sharqraq” (ש.ר.ק) vient de la racine du sifflement (שְׁרִיקָה). La Guemara précise que cet oiseau ne se pose jamais sur le sol — seulement quand il le fera et sifflera, le Messie viendra.

Le Rav Tzvi Yehouda nous révèle : Sharqraq ((ש.ר.ק) inversé selon l’ordre alphabétique, devient ק.ר.ש (Qorech). Le rassemblement messianique sera l’inverse de nos imaginations habituelles. Quand Jacob ordonne “Hiqavetsu”, le peuple se rassemble. Ne pense pas que si la nation n’est pas entièrement vêtue de manière traditionnelle lors de son rassemblement, ce n’est pas le Messie.

Mais comment unir de tels contraires ? Par “אֶבֶן יִשְׂרָאֵל” ” les pères (אָבוֹת), qui transmettent et qui sont à l’écoute des vertus des fils (בָּנִים). Ainsi se rassemble-t-on : on y travaille !

Nous avons reçu une Parole intégralement gravée profondément en nous “אֵין אָבוֹת אֶלָּא “שְׁלֹשָׁה Il n’y a que trois Patriarches. Il nous faut cependant œuvrer pour parachever ce Projet : ce qui arrive comme ש.ר.ק doit devenir ק.ר.ש – – telle est notre mission.

Le testament d’une éternité

“אַחֲרִית הַיָּמִים” (la fin des jours) n’est pas un moment, pas l’expression optimale d’un temps. C’est “un trésor d’événements“, selon les enseignements du Rav Kook. Qui est plus grand que notre père Jacob, qui est conscient que ces différents événements mettent en place notre grande nation ? Lorsqu’il voulut enseigner à ses fils les événements à venir, Ashem ne lui permit point cela. Pour quelle raison se demandera-t-on ? Il est en réalité de vivre ces évènements en se remémorant constamment que Celui qui les dirige, la Cause des causes, “סיבת הסיבות”, est inconditionnellement à nos côtés.

Alors que fit Jacob ? Il leur dit :

שְׁמַע יִשְׂרָאֵל ה’ אֱלֹהֵינוּ ה’ אֶחָד (Deutéronome 6,4)

Écoute, Israël, l’Éternel est notre Dieu, l’Éternel est Un

Il leur dit : “Il m’est interdit de raconter ce qui sera, mais ce qui fut, je puis le dire. Il n’y eut pas un instant parmi tous mes événements où Dieu n’était pas présent, Ashem était avec moi constamment.

Les fils répondirent :

כְּשֵׁם שֶׁאֵין בְּלִבְּךָ אֶלָּא אֶחָד – כָּךְ אֵין בְּלִבֵּנוּ אֶלָּא אֶחָד

Comme il n’y a dans ton cœur qu’Un seul, ainsi n’y a-t-il dans nos cœurs qu’Un seul

Cette Promesse d’unité (אחדות) nous permettra de demeurer unis à travers tous les événements que Dieu nous enverra.

David et Salomon : la construction perpétuelle

Dans la Haftarah résonne le testament de David à son fils Salomon — comme dans la paracha, père et fils. Dans nos prières nous implorons Ashem :

נָא הָקֵם בִּמְהֵרָה מַלְכוּת דָּוִד וּשְׁלֹמֹה

Relève promptement le royaume de David et de Salomon

Et dans les “Hoshaanot” :

מִי שֶׁעָנָה לְדָוִד וְלִשְׁלֹמֹה בְנוֹ בִּירוּשָׁלַיִם הוּא יַעֲנֵנוּ

Celui qui répondit à David et à son fils Salomon à Jérusalem, qu’Il nous réponde

David représente la royauté quand Salomon, le Temple. David est roi, mais aussi chantre, prophète, et concepteur du Temple avec Samuel. Salomon est le bâtisseur. Quelle sagesse y a-t-il à construire quand tout est prêt ? La difficulté suprême dans la construction est de préserver l’intention de l’architecte. David et Samuel ont conçu un édifice à la fois pratique et animé par la Sainteté, tout ce qu’ils désirèrent doit s’y révéler.

Ainsi, nous, les fils, devons construire en ce monde une nation, une entité politique et un Temple — une nation capable de puiser dans les enseignements des Patriarches et de leurs vertus. Et sur ce cheminement se trouve aussi “וְזַרְעוֹ יִהְיֶה מְלֹא־הַגּוֹיִם”, “sa descendance sera la plénitude des nations“. Josué enseigne aux nations la valeur inestimable de notre nation, celui que le désire pourra s’y joindre

C’est pourquoi le Rambam enseigne : nommer un roi, éradiquer la descendance d’Amalek puis construire le Temple qui est le cœur de tous les peuples aspirant à l’authentique équité.


[1] https://www.amichai-rubin.com/

Fils de Batya et d’Ishay Rubin, troisième de huit frères et sœurs,  né dans la ville d’Acre. Après quatre ans à la yeshiva, il s’est enrôlé dans le 51e bataillon Golani. Amichai était un soldat exceptionnel, un tireur d’élite exceptionnel et représentait la brigade lors des compétitions. Le 7 octobre, le jour du Shabbat de Simchat Torah, Amichai se trouvait à un poste à la frontière de Gaza, près du kibboutz Kissufim. L’attaque au mortier a commencé à 6h30 du matin. Amichai et ses amis ont sauté dans la salle à manger, qui était utilisée comme espace protégé, La bataille dura environ quatre heures. Au cours de l’affrontement, Amichai reçut une balle dans la main et continua à se battre.

Il a reçu une balle dans la jambe, et même cette blessure grave ne l’a pas empêché de continuer. On lui a proposé un remplaçant, mais il a catégoriquement refusé. Finalement, Amichai a été touché à la tête et, miraculeusement et grâce à sa force supérieure, il a continué à se battre pendant 20 minutes supplémentaires, jusqu’à ce qu’il soit à bout de forces.

Le mardi 25 Tichri, il a été déclaré en état de mort cérébrale et la famille a décidé de faire don de ses organes. Cinq personnes ont retrouvé la vie grâce aux organes d’Amichai. Amichai a été enterré sur le mont Herzl, à l’âge de 23 ans.

Partager la Torah:

[addtoany buttons="whatsapp,facebook,twitter,email"]

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

  1. Afin de servir Hashem, il n’y a rien de plus optimal que de Le servir dans la joie, sans une…

  2. Excellent résumé de cette paracha CLÉ du passage de la lumière absolue symbolisée par Moché à celle cyclique de yoshua…

© 2025 By Rafael Attia

Skip to content