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La Paracha “Miketz” –  La Descente en Égypte : Deux Royautés pour un Peuple

* selon les paroles du noble soldat Amichai Rubin הי”ד[1]

(inspiré des enseignements du Rav Tsvi Yehouda Kook זצ״ל)


Nous entamons le quatrième chapitre de la Genèse, là où s’achève l’histoire des patriarches et commence celle des tribus. Les parachiot Vayétsé et Vayichla’h appartiennent à Jacob, mais l’histoire ne s’arrête pas là : viennent ensuite Vayéchev et Miketz. Le Rav Tzvi Yehouda Kook les nomme « les parachiot qui parlent des seconds pères, les tribus ».

Car les tribus ne sont pas de simples descendants : elles sont les instruments d’une mission divine, chargées de faire descendre le peuple d’Israël en Égypte, accomplissant ainsi la prophétie de la Brit bein haBetarim (l’Alliance entre les Morceaux) faite à Abraham :

« גר יהיה זרעך »

« Ta descendance sera étrangère » (Genèse 15,13).

Le Midrash nous enseigne que Jacob aurait dû descendre en Égypte enchaîné de chaînes de fer » mais « ses mérites le protégèrent ». Pourtant, la question demeure : pourquoi cette descente était-elle nécessaire ? Pourquoi la promesse divine à Abraham devait-elle passer par l’exil égyptien ?

Et si Jacob devait descendre, il fallait quelqu’un pour l’y conduire. Ce fut le rôle des tribus. Mais voici le paradoxe : cette descente aurait pu être simple, ordonnée. Au lieu de cela, elle survient dans le tumulte — les songes, la jalousie fraternelle, Yossef vendu et emmené en Égypte. Une chose est certaine : personne ne veut descendre. Tous y sont contraints. Yossef est arraché « contre sa volonté » , les frères sont obligés de le suivre, Jacob lui-même finit par céder à la nécessité. Nul ne part « de sa propre initiative ». Pourquoi cette contrainte est-elle si fortement soulignée ?

Car lorsqu’un homme est contraint, particulièrement dans l’histoire du peuple d’Israël, « il doit reconnaître au-delà de la contrainte la Main Divine ». Yossef descend en Égypte « ושם ה’ בפיו »« avec le nom de Dieu sur ses lèvres », sachant que c’est Ashem, qui l’y conduit.

Yossef comprend que c’est le commencement du décret : « ועבדום ועינו אותם ארבע מאות שנה »« Ils les asserviront et les opprimeront pendant quatre cents ans » (Genèse 15,13). Il s’aligne alors sur la volonté divine et entraîne ses frères à le suivre en Égypte. Car « un roi ne connaît l’humilité que devant le Créateur du monde ».

Deux Rois, Deux Missions

Dans notre paracha, nous rencontrons « deux rois » : Yossef le Juste et Yehouda. Après la vente de Yossef, un seul frère prend ses responsabilités. Lors du complot contre Yossef, c’est Yehouda qui tranche : « לא נכנו נפש » – « Ne touchons pas à sa vie » (Genèse 37,26)on ne peut le tuer, alors vendons-le.

Les deux incarnent le principe : « Un roi n’a au-dessus de lui que Dieu seul ». On voit que chez Yossef aussi,

« אין לו על גביו אלא ד’ א-לוהיו ».

Tous deux se demandent : « Que veut Dieu de moi ? » Tous deux sont « des hommes de vérité sans intérêts personnels ». Yossef sait que ses frères doivent descendre en Égypte, et il s’en occupe d’une manière très particulière dans nos parachiot.

Yehouda sait que l’enjeu essentiel est « qu’ils restent douze tribus, et qu’il doit y avoir aussi une tribu issue de Rachel ». Les frères ne savent pas encore ce qu’il est advenu de Yossef, alors ils donnent leur vie pour Benjamin « réparation du roi ».

Yossef sait qu’il est roi parce qu’il a été fait descendre en Égypte. Mais il sait aussi qu’il est fils de Rachel, et que « Rachel représente le côté visible tandis que Léa représente le côté intérieur ». Par « visible » , on entend « le côté matériel ». C’est de cela que Yossef s’occupe dans la paracha — il est « l’intendant de toute l’Égypte » —, et ce n’est pas « un hasard ». C’est sa mission !

Yehouda, lui, n’est pas “intendant” mais « le rassembleur ». Il est le roi qui apportera l’unité à la nation .

Mais tous deux agissent, tous deux maintiendront leur position jusqu’au bout sans renoncer . Un roi ne connaît pas le désespoir, Un roi n’a pas de mission qu’il n’accomplira pas .

Et si Yossef a été fait descendre en Égypte, alors telle est sa mission – s’occuper de l’Égypte . Même s’il n’est pas clair que cela soit lié à la rédemption d’Israël , Dieu, Lui, le sait bien evidemment! On n’a pas toujours besoin de tout savoir .

Si maintenant on l’a fait descendre en Égypte, alors il parlera au nom d’Ashem. S’il est ministre de l’économie et vice-roi ? Alors cela indique que telle est sa mission divine : veiller à ce que tous aient de quoi manger . Ainsi se comporte un roi !

La Vision d’Ensemble

Il vaut la peine d’apprendre de Yossef, ministre de l’économie, comment prendre soin de chaque membre de la nation . Car chaque individu dans la nation est important et essentiel, et sans lui, il n’y a pas de nation . Aussi, prendre soin de la nation est la mission principale – (et cela se produira avant que Yehouda [le roi David] ne commence à chanter pour Ashem).

C’est ce à quoi Yossef s’emploie : il construit un plan économique pour sortir de la crise.

L’édifice spirituel que Yehouda va enseigner aux frères c’est que nous avons besoin de tous, et que s’il manque quelqu’un, il n’y a rien.

« כי עין בעין יראו בשוב ד’ ציון »

« Car œil à œil ils verront le retour de l’Éternel à Sion » (Isaïe 52, 8)

Nos yeux sont superficiels et courts de vue, ils regardent ce qui est mais nous devons nous habituer à regarder avec un œil divin et ainsi nous verront autrement ! C’est la raison pour laquelle, a été envoyé à notre génération le grand Visionnaire, le Rav Kook (de mémoire bénie) car il sait observer , sa vision fut incontestablement différente. Ses ouvrages appelés d’ailleurs: Olat Reiyah, Igrot Reiyah, Orot Reiyah sont tous formés sur la racine ראיה« voir »!

Il est nécessaire d’étudier ses livres afin de corriger et de parfaire “notre vision”.

Au sujet de la Terre d’Israël, il est dit :

«תמיד עיני ד’ א-לוהיך בה»

«Toujours les yeux de l’Éternel ton Dieu sont sur elle » (Deutéronome 11,12)

Il faut élargir le regard à partir de cette connaissance que toujours les yeux de Dieu sont sur elle . Et toutes les autres terres qui ne sont pas devant les yeux de Dieu ne sont pas vraiment appelées “terres” .

Plus on mérite les grandeurs de la Torah, plus on méritera la force inhérente à la Torah, et plus on aura le privilège d’être profondément rattache à Lui ! Cela ne peut venir qu’uniquement grâce à de l’assiduité à l’étude de la Torah dans la yeshiva. La yeshiva est un lieu pour développer nos facultés à regarder comme il se doit.

C’est ainsi qu’on construit une nation, même quand le chemin est tortueux. Car il n’est pas possible de renoncer à un seul membre de la nation. C’est pourquoi on a besoin des grands de l’esprit qui voient toute la nation .

Il y a eu beaucoup de générations où les gens avaient les yeux poursuivis, troubles. Maintenant, les gens peuvent développer des yeux de grandeur, et chacun doit étudier là, à la yeshiva , car même s’il appartient à la faculté de Yossef – la matérialité, il a besoin d’une vue imprenable sur la connaissance de la volonté d’Ashem. Il importe de savoir comment Ashem souhaite construire le monde matériel .

C’est ce qu’on voit aussi dans la “haftara de Hanoukka” :

« רוני ושמחי בת ציון »

« Chante et réjouis-toi, fille de Sion » (Zacharie 2,14)

À la fin de la haftara apparaît le verset :

« לא בחיל ולא בכוח כי אם ברוחי אמר ד’ צבאות »

« Ni par la puissance ni par la force, mais par Mon esprit, dit l’Éternel des armées » (Zacharie 4,6)

Il n’est pas écrit “mais par l’esprit” comme si toute l’action et la construction n’étaient pas pertinentes. Cette haftara vient nous enseigner pourquoi il y a un combat entre la puissance et la force de Yossef et la puissance et la force de Yehouda. Car au début, il y a un combat, certes, mais à la fin, tous deux sauront que c’est “par Mon esprit, dit l’Éternel”. Il est, au préalable, essentielle que chacun clarifie son propre cheminement qui mènera à la finalité de Son Projet.

[1] https://www.amichai-rubin.com/

Fils de Batya et d’Ishay Rubin, troisième de huit frères et sœurs,  né dans la ville d’Acre. Après quatre ans à la yeshiva, il s’est enrôlé dans le 51e bataillon Golani. Amichai était un soldat exceptionnel, un tireur d’élite exceptionnel et représentait la brigade lors des compétitions. Le 7 octobre, le jour du Shabbat de Simchat Torah, Amichai se trouvait à un poste à la frontière de Gaza, près du kibboutz Kissufim. L’attaque au mortier a commencé à 6h30 du matin. Amichai et ses amis ont sauté dans la salle à manger, qui était utilisée comme espace protégé, La bataille dura environ quatre heures. Au cours de l’affrontement, Amichai reçut une balle dans la main et continua à se battre.

Il a reçu une balle dans la jambe, et même cette blessure grave ne l’a pas empêché de continuer. On lui a proposé un remplaçant, mais il a catégoriquement refusé. Finalement, Amichai a été touché à la tête et, miraculeusement et grâce à sa force supérieure, il a continué à se battre pendant 20 minutes supplémentaires, jusqu’à ce qu’il soit à bout de forces.

Le mardi 25 Tichri, il a été déclaré en état de mort cérébrale et la famille a décidé de faire don de ses organes. Cinq personnes ont retrouvé la vie grâce aux organes d’Amichai. Amichai a été enterré sur le mont Herzl, à l’âge de 23 ans.

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  1. Afin de servir Hashem, il n’y a rien de plus optimal que de Le servir dans la joie, sans une…

  2. Excellent résumé de cette paracha CLÉ du passage de la lumière absolue symbolisée par Moché à celle cyclique de yoshua…

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